{"id":241,"date":"2021-03-02T21:27:06","date_gmt":"2021-03-02T20:27:06","guid":{"rendered":"https:\/\/ast-arci.ch\/arci\/?p=241"},"modified":"2025-06-03T11:55:08","modified_gmt":"2025-06-03T09:55:08","slug":"un-monde-mille-manieres-de-parler","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ast-arci.ch\/arci\/archives\/241","title":{"rendered":"<strong>Un monde, mille mani\u00e8res de parler<\/strong>"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>La langue de bois, la langue de p&nbsp;*** et maintenant la langue inclusive, cisgenre, \u00e9pic\u00e8ne, excluante. Le c\u00f4t\u00e9 sympa, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas fini d\u2019en apprendre, le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9primant, c\u2019est qu\u2019on ne s\u2019en sortira jamais\u2009! Petite incursion linguistique dans l\u2019air du temps.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Culture          Inculture            Docile&nbsp;            Imb\u00e9cile<\/p>\n\n\n\n<p>Entre le m\u00e9lange des genres, la s\u00e9paration des genres, l\u2019inclusion et l\u2019exclusion des hommes, des femmes, des races, des b\u00e2tards, des Barbares\u2026 il y a de quoi en perdre son latin.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sens litt\u00e9ral. Le latin et le grec fondent notre joli et (si peu\u2009!) complexe vocabulaire fran\u00e7ais, notre imaginaire linguistique et notre repr\u00e9sentation du monde \u00e0 travers le langage. Con\u00e7u comme un pacte social, le langage que nous utilisons au quotidien a pour but que nous nous comprenions. Appeler un chat un chat, quoi.<\/p>\n\n\n\n<p>Nullement dans l\u2019id\u00e9e de dispenser ici un cours sur les id\u00e9es linguistiques, il semble n\u00e9anmoins important de rappeler certains fondements. La grammaire et la s\u00e9mantique varient d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre. Pour exprimer un m\u00eame concept, l\u2019allemand utilisera le masculin ou encore le neutre, tandis que l\u2019italien le f\u00e9minin, et ainsi de suite. La conception s\u00e9mantique du genre n\u2019est pas la m\u00eame selon les cultures. Nous pouvons donc partir du principe que la diff\u00e9rence est un acquis.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Pouvons-nous distinguer le genre s\u00e9mantique du genre lexico-grammatical\u2009? Il semblerait que oui, et que ceci soit une condition qui permette la facilit\u00e9 de compr\u00e9hension du langage, des r\u00e9f\u00e9rences sociales du monde qui nous entoure. D\u00e8s lors, comment sommes-nous tomb\u00e9s dans la probl\u00e9matique de l\u2019\u00e9criture inclusive, qui, comme nous avons pu le lire dans la tribune parue dans&nbsp;<em>Marianne<\/em>&nbsp;et reprise dans le&nbsp;<em>Trait d\u2019Union<\/em>&nbsp;pr\u00e9c\u00e9dent (num\u00e9ro&nbsp;225) a plut\u00f4t comme vocation de finir par devenir excluante\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 force de trop vouloir bien faire, on finit par mal faire, ou quelque chose comme \u00e7a. La langue fran\u00e7aise comporte une r\u00e8gle simple, n\u2019ayant pas recours aux cas latins dont la d\u00e9sinence serait pertinente pour reconna\u00eetre quand on parle de masculin ou de f\u00e9minin, c\u2019est de g\u00e9n\u00e9raliser au masculin pluriel pour inclure tout le monde et aller \u00e0 l\u2019essentiel. Certes, cette r\u00e8gle date du XVIIe&nbsp;si\u00e8cle, et finalement elle ne vient que danser un tango plut\u00f4t intime avec l\u2019accord de proximit\u00e9, qui impliquerait que l\u2019on accorde au f\u00e9minin l\u2019adjectif se r\u00e9f\u00e9rant au genre du dernier des mots dans une \u00e9num\u00e9ration, par exemple. Tout chambouler d\u2019un coup ne ferait que porter pr\u00e9judice \u00e0 un usage d\u00e9j\u00e0 compliqu\u00e9 en soi.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Du morse mal \u00e9labor\u00e9<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si l\u2019on devait adopter partout, dans la presse notamment, l\u2019\u00e9criture inclusive, le premier point n\u00e9gatif serait celui de l\u2019illisibilit\u00e9. Des points ou des tirets, une barre d\u2019exclusion, un trait d\u2019union ou parenth\u00e8se, tout m\u00e9dians soient-ils, ne permettent pas une lecture fluide. Il me semble que la lisibilit\u00e9 repr\u00e9sente le fondement de l\u2019\u00e9criture et des r\u00e8gles typographiques, non\u2009? Ces points font penser \u00e0 des interventions en morse qui, hormis de faire tr\u00e9bucher l\u2019\u0153il sur le texte et perdre le fil du r\u00e9cit, ne servent \u00e0 rien sinon \u00e0 embrouiller l\u2019esprit et \u00e0 perdre du temps.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Amalgame attention<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est \u00e9galement sage de ne pas faire l\u2019amalgame entre \u00e9criture inclusive et langage \u00e9pic\u00e8ne. Si l\u2019une est particuli\u00e8rement compliqu\u00e9e \u00e0 appliquer, l\u2019autre est plus accessible, voire logique. Utiliser des termes g\u00e9n\u00e9riques qui englobent les deux genres dans le propos est un recours intelligent, quand le contexte l\u2019impose. Il s\u2019agit d\u2019\u00eatre attentif \u00e0 la discrimination sexiste par l\u2019utilisation de formules dont, comme l\u2019explique le Canton de Vaud sur internet (<a href=\"http:\/\/www.vd.ch\/guide-typo3\">www.vd.ch\/guide-typo3<\/a>)&nbsp;les 4&nbsp;r\u00e8gles de base sont\u2009:<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\" type=\"1\">\n<li>la disparition de l\u2019appellation \u00ab\u2009Mademoiselle\u2009\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>la f\u00e9minisation et la masculinisation des d\u00e9signations de personnes,&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>l\u2019adoption de l\u2019ordre f\u00e9minin puis masculin en cas d\u2019\u00e9num\u00e9ration et enfin&nbsp;<\/li>\n\n\n\n<li>le recours au tiret pour les formes contract\u00e9es.&nbsp;<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Voici quelques exemples (m\u00eame source) des solutions appliqu\u00e9es\u2009:&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les \u00eatres humains (plut\u00f4t que \u00ab\u2009les hommes\u2009\u00bb)<\/li>\n\n\n\n<li>Les membres du Conseil national (plut\u00f4t que \u00ab\u2009les conseillers nationaux\u2009\u00bb)<\/li>\n\n\n\n<li>Quiconque (plut\u00f4t que \u00ab\u2009celui qui\u2009\u00bb)<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 la satisfaction g\u00e9n\u00e9rale (plut\u00f4t que \u00ab\u2009de tous\u2009\u00bb)<\/li>\n\n\n\n<li>Chaque jeune (plut\u00f4t que \u00ab\u2009tout jeune\u2009\u00bb)<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>En Suisse romande, l\u2019Association f\u00e9ministe en Suisse romande qui promeut l\u2019\u00e9galit\u00e9 dans la presse avec des formations, des \u00e9v\u00e9nements et un webjournal s\u2019appelle D\u00e9cadr\u00e9E. Par des formations destin\u00e9es aux professionnels des m\u00e9dias et de la communication, cette association esp\u00e8re gommer les in\u00e9galit\u00e9s dans le langage journalistique pour plus d\u2019\u00e9quit\u00e9 sur le plan du traitement de l\u2019information.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Voici leur charte (decadree.com)\u2009:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab\u2009D\u00e9cadr\u00e9E est un webjournal \u00e9galitaire. Son \u00e9quipe est mixte. Il n\u2019est affili\u00e9 \u00e0 aucun parti politique et est la\u00efque. En sa qualit\u00e9 d\u2019organe journalistique, il promeut une information vari\u00e9e et neutre. Il laisse ainsi la parole aux diff\u00e9rentes positions, qu\u2019elle soit religieuse ou politique, du moment que celles-ci ne reproduisent pas des m\u00e9canismes discriminants, selon les points soulign\u00e9s ci-dessous, ou du moins s\u2019engage \u00e0 les interroger et \u00e0 les d\u00e9construire.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une \u00e9criture cisgenre, ou pas<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Cela \u00e9tant, encore une question se pose en ces temps de r\u00e9volte de tout\u2026 genre. Si le principal dictionnaire am\u00e9ricain Merriam-Webster a adopt\u00e9 derni\u00e8rement, en septembre 2019, le pronom \u00ab\u2009they\u2009\u00bb pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 une personne dont le genre n\u2019est pas d\u00e9fini par le masculin ou le f\u00e9minin stricto sensu, qu\u2019en est-il de l\u2019utilisation des pronoms ellui, ielle, iels ou celleux qui semblent ne pas encore pr\u00e8s d\u2019\u00eatre acquis \u00e0 la cause dans les dictionnaires usuels\u2009? D\u2019aucuns affirment que pour pr\u00e9server la langue fran\u00e7aise, il est n\u00e9cessaire qu\u2019elle \u00e9volue. Soit. Cela dit, pourquoi compliquer encore une langue qui est d\u00e9j\u00e0 bien assez riche en particularit\u00e9s\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>Et si tout le monde se contentait de savoir qui il est&nbsp;sans accuser l\u2019\u00e9criture, la grammaire et l\u2019orthographe, qui se sont construits au fil du temps et sur la base des soci\u00e9t\u00e9s qui les pratiquaient \u00e0 chaque \u00e9poque de l\u2019histoire, aujourd\u2019hui encore. Ne serait-ce pas une forme de d\u00e9ni ou de d\u00e9nigrement de la trace du pass\u00e9 et de son \u00e9volution que de vouloir la transformer\u2009? Certes, elle serait \u00e9galement le t\u00e9moin de l\u2019\u00e9poque dans laquelle on vit, mais si c\u2019est pour n\u2019y rien comprendre\u2026 ne serait-ce pas plus simple de ne pas prendre l\u2019\u00e9criture en otage\u2009?<\/p>\n\n\n\n<p>La question demeure ouverte et vivement d\u2019en savoir plus. Le temps nous le dira.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Monica D\u2019Andrea<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La langue de bois, la langue de p&nbsp;*** et maintenant la langue inclusive, cisgenre, \u00e9pic\u00e8ne, excluante. Le c\u00f4t\u00e9 sympa, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas fini d\u2019en apprendre, le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9primant, c\u2019est qu\u2019on ne s\u2019en sortira jamais\u2009! Petite incursion linguistique dans l\u2019air du temps. 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