Facile ou pas ? Ce qu’il dit est de son ressort, ce que j’entends du mien. Si la responsabilité de la communication est partagée, il n’est pas toujours évident de se mettre d’accord sur la manière de véhiculer les messages de base pour vivre en harmonie. C’est dans l’air du temps, sentons-le, pour voir.

« Iel » dans le Robert l’année passée, de plus en plus de mots et d’abréviations marquant des catégories et des néologismes qui interviennent de plus en plus fréquemment dans le langage courant pour redéfinir des codes que nous pensions ancrés. LGBTQIA+, non binaire, woke, etc., le nouveau champ lexical qui gravite autour du genre est vaste à paître. 

Les correcteurs en souffrent. S’il semble facile d’apprendre par cœur les termes servant l’utilité « tout public », les corriger, les accorder, les insérer dans un système structuré ne l’est pas. Nous cherchions des renseignements sur des termes linguistiques comme décoder, pour tenter de trouver un moyen de rattacher des connaissances vraisemblablement obsolètes à un code linguistique pratique et moderne qui sauverait la situation. Rien. Nous sommes finalement retombés sur le concept de diachronie, qui consiste en gros à suivre les faits de langue dans leur succession, dans leur changement d’un moment à un autre de l’histoire (cf. Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage). Alors c’est parti, il nous conviendra d’analyser attentivement les changements diachroniques qui se seront déroulés sur l’axe synchronique du temps (synchronie : le langage fonctionnant à un moment déterminé) pour comprendre avec le recul ce qui advient donc maintenant. Pour autant que l’on parvienne à y comprendre quelque chose. 

Pour comprendre ce que dit l’autre, il faut désormais savoir de quel autre il s’agit. Pour les correcteurs, c’est une tâche en plus qui vient compliquer une approche déjà complexe en elle-même. 

Doit-on garder la règle de l’accord de proximité, qui consiste à accorder le genre et éventuellement le nombre de l’adjectif avec le plus proche des noms qu’il qualifie, et le verbe avec le plus proche des chefs des groupes coordonnés formant son sujet ? Mais quand le sujet n’est pas clair, avec quoi et comment procède-t-on à l’accord ? J’appelle aux témoignages : qui, parmi vous, travaille déjà avec l’inclusif et comment ? Cela intéresse le lectorat du TU

Monica D’Andrea, présidente